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Nov 8, 2016

Cadrage 2

Encre - 11/2016

Cadrage

Encre - 11/2016

Oct 10, 2016

Sorolla

Peinture sur bois (détail) exposition Sorolla au musée des Impressionnistes de Giverny (09/2016)

Sep 4, 2016

Particule de temps


Monotype - acrylique - 08/2016

Il y a un ressort étrangement puissant, contraint dans les graines et dans certaines minutes. Il y a des particules de temps qui diffèrent des autres comme un grain de poudre diffère d'un grain de sable. Leurs apparences sont presque les mêmes, leurs avenirs non comparables.

Paul Valéry - tel quel II - Gallimard 1943

Jul 25, 2016

Trésor

ZX - 07/2016

Jul 17, 2016

Partage

Le Plessis Hébert (détail) - 07/2016

Tu veux noter ma définition de l'amour? Elle est grandiloquente mais sincère, je l'ai fabriquée tout seul. L'amour c'est embrasser quelqu'un, partager sa salive et remonter jusqu'au souvenir obscur de sa propre naissance.

Kamel Daoud - Meursault, contre-enquête - Actes Sud - 2014

Béatitudes

Entre Venables et Villers sur le Roule - 06/2016

Aujourd'hui, dans mon ermitage, j'éprouve un sentiment profond d'osmose avec la nature. Tout espace intérieur possède une ouverture sur l'extérieur. La sève des arbres; le passage fugitif des saisons, la richesse et les variations sans fin de la lumière participe étroitement à la vie intérieure.
(...)
Gaston Bachelard avait compris, tels les vieux sage chinois, qu'il existe une unité profonde et vivante entre certaines images végétales et nous-mêmes. Je n'oublie pas la modestie qui se trouve aussi bien au sommet des hautes montagnes que dans une tige de rhubarbe ou un navet potager!
(...)
Au gré du souffle du pinceau, je m'attache aujourd'hui à explorer le génie propre à chaque être: bruissement des branches de bambous, pudeur discrète d'un brin d'herbe, ferveur des jeunes pousses de jonquilles tournées vers la lumière (...)

Fabienne Verdier - Passagère du silence - Albin Michel 2003



Proposition Graffiblog pour une lecture avertie des passages ci-dessous de l'Ethique de Spinoza:
                   Dieu     =    la Nature
                  Éternel =   sens différent d'immortel mais au sens d'immuable et universel et de constant .                                     Par exemple, la loi de propagation de la lumière dans le vide est postulé par                                         Einstein. Elle est éternel dans le vocabulaire de l'Ethique de Spinoza
                 Troisième genre de connaissance = connaissance adéquate, profonde, intuitive,                                                       immédiate, directe, intégrée en soi-même d'une chose

Corollaire de la proposition XXXII de la cinquième partie de l'Ethique

" Du troisième genre de connaissance naît nécessairement un Amour intellectuel de Dieu [la Nature]. Car de ce troisième genre de connaissance (Prop. préc.) naît une joie qu'accompagne comme cause l'idée de Dieu [la Nature], c'est-à-dire (Déf. 6 des Aff.) l'Amour de Dieu [de la Nature] non en tant que nous l'imaginons comme  présent (Prop. 29), mais en tant que nous concevons que Dieu est éternel [que nous concevons les principes immuables de la Nature], et c'est là ce que j'appelle Amour intellectuel de Dieu [de la Nature].


Scolie de la proposition XXXVI de la cinquième partie de l'Ethique

Nous connaissons clairement par là en quoi notre salut, c'est-à-dire notre Béatitude ou notre Liberté, consiste; je veux dire dans un Amour constant et éternel envers Dieu [la Nature], ou dans l'Amour de Dieu  [la Nature] envers les hommes. (...) Dieu  [la Nature] est le principe et le fondement (Prop.15, p. I et Scolie de la Prop. 47, p.II), nous percevons clairement par là comment et en quelle condition notre Âme suit de la nature divine [de la Nature] quand à l'essence et à l'existence, et dépend continûment de Dieu [la Nature].
L'Ethique de Spinoza - GF Flammarion - Trad. Charles Appuhn

Cher Paolo,
(...)
Un jour, un vieux gardien de chèvres en montagne m'a dit de lui:"Moi, je suis toujours allé avec le monde" ET, de sa main, il a fait un demi-cercle en l'air et autour de lui. Sa vie, son corps avaient obéi aux galaxies et aux chutes de neige, aux tempêtes sur le Soleil et à la floraison de la nigritelle, avec sa houppette noire qui sent la vanille. En voici un parmi nous qui est le centre de tri des forces environnantes, plus intime avec les comètes qu'avec les maires.
(...)
Erri

Cher Erri,
(...)
Nul n'est seul au monde. C'est vrai, et notre compagnie n'est pas limitée aux autres hommes. La compagnie est celle de tout ce qui vit, des cycles circadiens et saisonniers, depuis les plantes dans les forêts impénétrables jusqu'aux poissons dans les profondeurs de l'océan, aux pingouins du pôle Sud, aux fleurs du désert qui s'épanouissent un seul jour l'an. Chacun de nous participe à tout ça, nous prenons part aux rythmes biologiques de la planète. 
(...)
Paolo
Erri De Luca Paolo Sassone-Corsi - Le cas du Hasard - Escarmouches entre un écrivain et un biologiste - Trad. Danièle Valin - Arcades Gallimard 2014

Jul 10, 2016

Envie de danser

07/2016

Poids de lenteur

Villers-sur-le Roule - 10/07/2016 et 11h40 à ma montre


Ma voiture file
Toute vitres ouvertes
Dans la campagne

Des vents thermiques apportent
De lourds parfums de paille
Et de grains moissonnés

Je respire à plein être
Ce goût puissant et pesant
De la première cuisson
Du soleil

Tout un poids de lenteur
Tout un poids de douceur
Tout un poids de promesses

Et l’allégresse de mes pensées
Vers demain

Aubevoye - 07/2016

Jun 22, 2016

Honnêteté intellectuelle (la sociologie est une science)



"Je pense qu'on est fondé à parler de science, même si notre science est [inaudible*] débutante, balbutiante, etc. Il y a malgré tout une séparation de nature entre l'effort scientifique que fait l'historien, l'ethnologue, le sociologue ou l'économiste et ce que fait le philosophe. Nous travaillons à être vérifiable ou falsifiable [ ... ] étant entendu que quand je dis science, on peut me réfuter avec des arguments scientifiques. Jusqu'à présent, j'ai été l'objet d'attaques mais jamais de réfutations au sens rigoureux du terme. Je dirais qu'une des raisons de ma tristesse, c'est que dans le champ intellectuel français, j'ai beaucoup d'ennemis mais je n'ai pas d'adversaires, c'est-à-dire des gens qui feraient le travail nécessaire pour opposer une réfutation. Je sais qu'en pareil cas, on me répond:

- Mais ça, c'est totalitaire, puisque vous êtes irréfutable!

- Pas du tout! Pour me réfuter, il faut se lever de bonne heure; il faut travailler."
* remarque Graffiblog


Archives:  La sociologie est une science - A voix nue - Pierre Bourdieu - France culture - 01/02/1988

Les nouveaux chemins de la connaissance - Pierre Bourdieu: un structuralisme héroïque par Jean-Louis Fabiani

http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/pierre-bourdieu-un-structuralisme-heroique-par

Jun 12, 2016

Des géants dans le pétrichor

 2016

Nous calons nos pas de Géants
sur les boucles 
Du chant magnétique
D'un jeune fakir



https://www.youtube.com/watch?v=5wiK2_1JWLo
Aubevoye - 2016 


Jun 5, 2016

Intérieur nuit

Vernon 01 et 05/2016

Trois conversations s'entrechoquaient à la porte de ses oreilles distraites. A la table, Jeanne n'était plus là. 

Politique actuelle du gouvernement, mouvements sociaux, droit de l'Homme, droit à penser ce qu'on pense, les discussions s'animaient. Jeanne savait que les échanges partiraient bientôt en live, que personne ne voudra lâcher sur ce qu'il sait ou croit savoir, parce qu'on veut toujours avoir raison quand on est a jeun et que ça ne s'arrange pas généralement, quand on arrive un peu pété en fin de repas. Le ton allait rapidement monter; on se fâchera comme d'habitude, et tout le monde s'enfermera sur ses positions après le café, avant que chacun ne reparte à la maison. Au seuil de son regard évadé, un oeil perspicace aurait pu lire dans les yeux de Jeanne une profonde lassitude.

A côté d'elle, Jean-Patrick n'arrivait pas à se faire entendre du noyau dur des amis qui menaient les débats. Ça faisait déjà quatre fois qu'il avait attaqué un "Moi je pense que malgré tout, et je suis bien placé pour le savoir, ..." et personne n'écoutait Jean-Patrick. C'était pathétique et rigolo parce qu'il jetait l'éponge à chaque fois juste après le 'bien placé pour le savoir". Ça faisait un peu ... jouet détraqué. Cinquième round, Noyau-dur vainqueur de Jean-Patrick par KO. KO? Pas tout à fait, parce L'homme bien placé pour le savoir s'était relevé et, désespérément inaudible, s'était rabattu sur Jeanne pour faire entendre son opinion:

- Moi je pense que malgré tout, et je suis bien placé pour le savoir, quand la liberté d'expression est bafouée, ça justifie la violence! C'est quand même un droit fondamental de la République, non? On doit se battre pour ça! Tu ne crois pas Jeanne?

La question était cimentée de certitudes et n'appelait absolument aucun débat contradictoire. Parler à Jeanne, c'était juste le besoin irrépressible de moi-moi-c'est-très-important-ce-que-je-pense-et-il-faut-que-quelqu'un-l'entende-à-tout-prix! Il s'était satisfait de Jeanne, sans porter la moindre attention à elle, comme il se serait satisfait distraitement de Micheline, Jocelyne, Paul, Jacques, Robert, ou Diego de la Vega et Bernardo son valet, peu importait! Il n'y aurait vu aucune différence du moment qu'il y avait quelqu'un pour recevoir sa précieuse opinion. Quelqu'un, il lui fallait quelqu'un, quelqu'un comme en miroir pour qu'il se regarde parler. Rien de plus.

La bouche de Jeanne sourit (comment avait-elle réussi cette prouesse? se dit-elle) et répondit poliment un truc très généraliste et très vaseux, car il y avait longtemps que Jeanne s'était échappée de la table des amis. Jean-Patrick lui parlait mais elle était si loin. Jeanne venait de se poser sur cette nuit si particulière où elle était assise au milieu d'un immense carré de lumière que la lune découpait sur le sol sombre.

Aubevoye - 06/2016

May 19, 2016

Les Mots (Bubbles)

Aubevoye - 05/2016

J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute: au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand-père, il y en avait partout; défense était faite de les épousseter sauf une fois l'an, avant la rentrée d'octobre. Je ne savais pas encore lire que, déjà, je les révérais, ces pierres levées: droites ou penchées, serrées comme des briques sur les rayons de la bibliothèque ou noblement espacés en allées de menhirs, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait. Elles se ressemblaient toutes, je m'ébattais dans un minuscule sanctuaire, entouré de monuments trapus, antiques, qui m'avaient vu naître, qui me verraient mourir et dont la permanence me garantissait un avenir aussi calme que le passé. Je les touchais en cachette pour honorer mes mains de leur poussière mais je ne savais trop qu'en faire et j'assistais chaque jour à des cérémonies dont le sens m'échappait : mon grand-père - si maladroit, d'habitude, que ma mère lui boutonnait ses gants - maniait ces objets culturels avec une dextérité d'officiant. Je l'ai vu mille fois se lever d'un air absent, faire le tour de sa table, traverser la pièce en deux enjambées, prendre un volume sans hésiter, sans se donner le temps de choisir, le feuilleter en regagnant son fauteuil, puis par un mouvement combiné du pouce et de l'index, à peine assis, l'ouvrir d'un coup sec "à la bonne page" en le faisant craquer comme un soulier. Quelquefois je m'approchais pour observer ces boîtes qui se fendaient comme des huîtres et je découvrais la nudité de leurs organes intérieurs, des feuilles blêmes et moisies, légèrement boursouflées, couvertes de veinules noires, qui buvaient l'encre et sentaient le champignon.

JP Sartre - Les Mots - Gallimard - 1964

Apr 20, 2016

Portrait de femme (8)

Croquis avec stylo Muji et traitement numérique - 04/2016

Apr 7, 2016

Portrait de femme (1)

Croquis - stylo Muji - 03/2016

Mar 20, 2016

La ville

Bourges - Moulin de la Chappe sur l'Auron - 12/2015

Une ville, c'est une maison. On peut être heureux dans n'importe quelle ville. 

Une ville avec à la fois un pré et des moutons, une rivière qui passe, un complexe de cinémas, un grand parking gratuit, une fac, un Mac Do; tout ça qui cohabite et forment un lieu rassurant.

Les gens des villages qui vont à la ville, les jeunes des quartiers qui descendent au centre-ville.

L'espace nous rassure.

L'espace, c'est important! J'aurais aimé être urbaniste ou géographe.

CT- 12-2015



Mar 3, 2016

Feb 24, 2016

Etre et sens

Cote de Venables - 02/2016

Ou les trois sens du verbe Être:

1-  Être, la relation d'identité
            Je suis ton père!

2 -  Être pour accrocher un prédicat au sujet
           Cette femme est belle

 3-  Être au sens d'exister.
       Exister c'est étymologiquement être debout, stable (sistere) ou être (stare) dehors (ex).
       Je suis dehors, j'ex-iste.
       Les falaise de Piana sont là debout, devant moi et moi aussi je suis debout devant elles
   
Ce qu'il y a de neuf dans la vision qui nous fait stopper la voiture sur le bord de la route ou se pencher au bastingage du bateau, ce qu'il y a de neuf, c'est avec Être au sens n°3 qu'il faut le recueillir. Je suis là et ce paysage est là autour de moi; nous sommes là. On existe tous les deux en même temps au même endroit. Les falaise de Piana sont là devant moi

Ce qu'il y a de neuf et qui ne se rabat pas sur du connu, du classé, du mesuré, c'est avec le 'comment' que le regard le recueille, vivant, pur, nu, cash (Être au sens n°2)

Comment ce paysage est beau?

"J'ai mis quelque années pour me rendre compte que j'étais captivée par le vide à l'horizon, attirée par ces endroits ou l'on ne cherche pas à poser son regard.
Ces endroits ou rien ne s'élève au loin.
Ces endroits ou seules les ombres des nuages apparaissent sur le sol.
Je contemple ces paysages dépeuplés qui s'étendent à l'infini. Mondes de l'air et de l'espace qui ouvrent mes yeux encore plus grands."

Être et comment, le premier constat et le premier questionnement philosophique, avant tous les 'pourquoi' des théories.

Aubevoye 02/2016 - CT

Feb 22, 2016

Feb 21, 2016

Calame

Vernon - 02/2016