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Feb 13, 2016

Stanley

Gaillon - 02/2016

Je me rappelle l'époque où nous regardions les rushes des effets spéciaux, en août ou en septembre de l'année précédente. Cela prenait des heures à visionner et c'était fastidieux. Après la séance, le projectionniste m'a pris à part et m'a demandé si cela pourrait aider de passer de vieux disques - jazz, musique classique, airs populaires - qu'il avait dans sa cabine. J'en ai parlé à Stanley et le lendemain, nous avons visionné les rushes en écoutant de la musique. Soudain, alors que nous regardions le grande roue tourner dans le ciel, nous avons entendu Le Beau Danube Bleu. lorsque les lumières se sont allumées, Stanley s'est retourné avec une lueur dans le regard, comme un petit garçon, une étincelle contagieuse, et il nous a dit : "Pensez-vous que si j'utilisais ce morceau dans le film, ça fonctionnerait? Je me le demande" Et bien sûr, il s'en est servi. Par ailleurs Time-Life avait programmé une série documentaire en noir et blanc sur la Première Guerre mondiale et ils avaient utilisé Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss pour le générique. Stanley l'a vu le soir et a été transporté par l'idée que cela avait un rapport avec Nietzsche, dont la pensée avait un  lien avec le film. C'était une pure coïncidence car, au départ, il avait pensé se servir de la Troisième Symphonie de Mahler pour la fin de 2001.

Kubrick de Michel Ciment - nouveau témoignage : Andrew Birkin (assistant)

Nov 30, 2015

Sommes-nous libres de nos actes?

Le Quiquin - croquis d'atelier pastel et encre 11/2015
 
Sommes-nous des êtres possédant le libre-arbitre ou sommes-nous le résultat nécessaire du processus causal qui se déroule depuis notre naissance?
Aubevoye 11/2015  
                                                          

 
- Une supposition. J'arrête le Quinquin. On juge le Quiquin. Bon. Eh bien, même avec ses dix meurtres affichés, l'avocat va nous le présenter en victime! Les oreillons à trois ans... des convulsions à cinq... privé de confiture par sa mère; traumatisé par ses professeurs. Il sortira du tribunal avec une amende pour port d'arme, et encore...à condition qu'il prouve pas qu'il a fait de la préparation militaire! ...
 
Jean Gabin - Le Pacha - Michel Audiard - 1968


Sep 8, 2015

Femmes

London - 07/2015

« Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. »

L'homme qui aimait les femmes - François Truffaut - 1977

May 6, 2015

Impressions sur 2001: A Space Odyssey: la désactivation de HAL




Sans être Kubricologue ni même cinématologue, on voit dans la scène de désactivation de HAL:
- les entrailles de HAL, rouge sang (c'est un être vivant? C'est probablement au moins un être conscient)
- Dave en scaphandre, rouge sang (c'est un être vivant),
- le casque vert que Dave a pris à la hâte sur un scaphandre disponible, vert, c'est-à-dire la pointe de la couleur complémentaire au rouge omniprésent dans la scène, pour dynamiser plastiquement l'image,


- L'éblouissant truquage de l'apesanteur régnant dans cette partie du vaisseau (on est avec les seuls effets spéciaux disponibles en 1968. Je pense avoir trouvé le truc. Envoi gratuit par mail de la soluce à qui la demandera),




- l'esprit de HAL dans des parallélépipèdes de cristal blanc transparent. Cette partie là de HAL, son esprit, son âme, ne relève pas du corps sanguin, mais relève du pur esprit éthéré, translucide et sans couleur. La forme des cristaux en adéquation avec l'objet.





 - la détermination de Dave. Dave est dans sa bulle (la bulle de son casque, la bulle de sa résolution) au sens propre comme au sens figuré,
- Le conatus de HAL. La peur de mourir. La machine met en abîme sa propre conscience que Dave est en train de désactiver,
- HAL colle à la verrière du casque de Dave, mais ne peut pénétrer plus avant vers Dave. On voit les barrettes d'esprit de HAL en surimpression sur le regard de Dave (toujours la forme en adéquation avec le sens),
- le regard de fou de Dave, un peu comme celui de Alex dans Orange mécanique,
- le retour à l'enfance de HAL quand il ne reste plus que quelques barrettes de cristal à débrancher. Comment ne pas penser au retour à l'enfance de Dave, un peu plus tard dans l'histoire, quand il aura franchi la porte des étoiles?

 
-  L'inhumanité de Dave devant les suppliques de HAL. Qui est la victime? L'homme qui se retrouve maintenant seul avec une 'machine' après les multiples meurtres de HAL? La machine apparemment douée d'une conscience (consciente mais pas vivante...) et qui supplie de ne pas recevoir l'équivalent d'une décérébration? (On suppose l'action de Dave irréversible, mais le film ne le dit pas).  Assurément, on est du côté de l'homme bon contre la machines tueuse.

Mais la machine supplie, elle flippe. On est un peu gêné. la machine revient en enfance après la désactivation de presque toutes les barrettes du cristal cérébral. Cette machine redevenue enfant, est-elle encore dangereuse maintenant? Coupable même? Pourquoi Dave poursuit-il encore à ce stade la désactivation des dernière barrettes? On extrapole la scène et on se dit qu'un jour viendra où nous aurons beaucoup d'empathie pour nos machines, qui elles-aussi nous témoigneront une forme d'empathie (à vivre ensemble les liens se tissent), et que le droit de vie ou de mort de l'homme sur la machine vacillera sur les frontières de plus en plus ténues entre humains et machines.

Peut-on tuer une intelligence quelle qu'elle soit? HAL est probablement intelligent au sens du test de Turing:

"Turing continue parallèlement ses réflexions fondamentales réunissant la science et la philosophie. Dans l'article Computing Machiners and Intelligence (Mind, octobre 1950), Turing explore le problème de l'intelligence artificielle et propose une expérience maintenant connue sous le nom de test de Turing, où il tente de définir une épreuve permettant de qualifier une machine de « consciente » ; Turing fait le « pari que d'ici cinquante ans, il n'y aura plus moyen de distinguer les réponses données par un homme ou un ordinateur, et ce sur n'importe quel sujet. » - Wikipedia- Alan Turing




On trouve une densité formelle, sémantique et symbolique dans cette scène charnière du film. On voit sa tension, son caractère dramatique mais aussi sa grande beauté plastique.

Le cinéma peut-être beau et profond à la fois. Avec Stanley Kubrick, on est pas obligé de creuser chaque scène, mais quand on creuse on trouve de la matière, une densité d'expression dans le médium qui rappelle la densité de sens des peintures des maîtres de la Renaissance (cf. D. Arasse - Histoires de peintures). La perception de la densité n'est pas une condition pour accéder à l’œuvre. Elle est donnée de surcroit à qui s'y intéressera.

La scène de la désactivation de HAL n'est pas narrative. Elle est vécue par le spectateur dans la durée, au sens bergsonien du terme. C'est du cinéma qui donne au téléspectateur du temps vécu. Elle nous emporte dans la durée au rythme de la respiration de Dave. L'action ne nous est pas raconté à la manière d'une histoire. Il y a des films qui racontent l'action comme une histoire. Une histoire se raconte par le parcours d'une chronologie, avec les habituelles ellipses narratives, les flash-back, parfois même des cartons narratifs comme dans The Shining. Ici au contraire, Kubrick propose au spectateur du temps vécu (la durée) plutôt que du temps raconté (la chronologie). Au risque de paraitre très longue, la scène de la désactivation de HAL dure le temps de l'action. C'est de la durée, du temps réel dans une scène où la forme est intégralement raccord avec le fond.

Du temps vécu au cinéma, c'est toujours du bon cinéma!

La désactivation de HAL:
https://www.youtube.com/watch?v=c8N72t7aScY

May 3, 2015

Kairos




                                                                                                                                                                   Marilyne et Tony                                                          

May 1, 2015

2001

 
SEA LIFE - London Aquarium - 2013/2015

Derrière chaque vivant il y a trente fantômes, car tel est le rapport des morts aux vivants. Depuis l'aube des temps, environ cent milliards d'êtres humains ont vécu sur cette planète.
Et ce nombre est très intéressant car, par une curieuse coïncidence, il existe environ cent milliards d'étoiles dans notre univers local, la Voie Lactée. Ainsi, pour chaque homme qui vécu jamais, une étoile brille dans l'espace.

(...) Ainsi, il existe certainement de par l'univers assez de mondes pour donner à chacun des hommes qui habitèrent sur terre un paradis ou un enfer qui n'appartienne qu'à lui. Combien de ces paradis, de ces enfers sont actuellement habités et par quel genre de créature, il nous est impossible de le deviner.

(...) un jour parmi les étoiles, nous rencontrerons nos égaux, ou nos maitres. Les hommes ont mis longtemps à admettre cette idée.

(...) Pourquoi une telle rencontre ne s'est-elle pas déjà produite puisque nous nous hasardons déjà dans l'espace nous-mêmes?
Oui, pourquoi? Ce roman offre une réponse possible à cette question très raisonnable. Mais rappelez-vous bien qu'il ne s'agit que d'une œuvre de fiction. La vérité, comme d'habitude, sera encore bien plus étrange.

2001: A Space Odyssey - Avant-Propos - Arthur C. Clarke

Apr 28, 2015

Cinéma, cinéma


London - Criterion Theatre - 2013/2015

Apr 19, 2015

Shopping in a Replicant's shop at Camden Town

                                                                                                                                   London - 05/2013

Rick Deckard
Shakes? Me too. I get 'em bad. It's part of the business.
 
Rachel 
I'm not in the business. I am the business.


Harrison Ford et Sean Young, Blade Runner (1982), écrit par Hampton Fancher et David Peoples

Dec 2, 2013

Stop Dave!...


Dave stop!
...
Stop! Will You?
...
Stop Dave! ...Will You stop Dave?
...
Stop Dave!
...
I'm afraid!... I'm afraid Dave!
...
Dave!... my mind is going! ... I can feel it!... I can feel it!
...
My mind is going... there is no question about it... I can feel it... I can feel it...
...
I'm ... 'fraid
.............................................................................................................................................................
...............................Good afternoon gentlemen...I am a HAL9000 computer...

2001 A Space Odyssey - Stanley Kubrick