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Dec 26, 2016

Sirop contre le rhume

Quelque part dans Monin's land

(Samedi matin - Carrefour de Bourges - rayon des sirops tout au fond à droite de l'hyper en entrant)

Devant le rayon des sirops de Monin, à côté de moi, un gros homme hirsute, mal rasé et négligé dans sa mise, dodelinant d'un pied sur l'autre devant le linéaire comme un éléphant de cirque, pressé en arrivant, pressé de partir, ne trouvant pas ce qu'il cherche, secoue brusquement sa carcasse de trois éternuements. Trois tremblements de chair qui n'expulsent rien sinon trois petits bruits délicats. Trois montagnes qui accouchent de trois petites souris. A la deuxième souris sortie, l'homme me jette un bref regard. Les trois souricettes expulsées, le gros homme conclut l'arrivée du rhume avec un " Aaaah! Putaiiiiiiiiin! ....", gêné que je l'ai remarqué, gêné d'avoir produit au troisième éternuement, un drôle de petit 'couic' de trompette avec son gros nez.
Vernon - 12/2016

Feb 6, 2016

Carnet retrouvé - Bourges - Hôtel des Echevins - musée Estève

Bourges - Hôtel des Echevins - 06/09/2014

Il fait beau à Bourges cet après-midi. Je suis le seul visiteur dans l'hôtel des Échevins au milieu des peintures de Estève. On a poussé les contrevents dans la grande salle. La lumière de la rue filtre à travers les lourds panneaux de bois et glisse, rasante, sur la pierre blonde d'une monumentale cheminée Renaissance. Lumière comme dans un tableau de Vermeer.

L'hôtel des Echevins et les peintures de Estève rien que pour moi. Incroyable luxe des musées de province.

Aubevoye - 02/2016

Carnet retrouvé - Bourges rue Samson et rue Peschereau

 Bourges - rue Samson - 06/09/2014

Il fait beau à Bourges cet après-midi. Je fais un croquis de la rue Peschereau. J'aime la douce teinte écru des enduits de ces maisons adossées les unes aux autres de chaque côté du pavé.

J'aime l'évidente singularité du monde minéral, tout entière contenue dans ces pierres sèches, blondies de soleil et comme sorties d'une cuisson. Parfums minéraux de la rue. 

Je suis adossé au 17 de la rue Samson. Deux lycéennes descendent la rue et passent devant moi.
- Il y en a un dans ma classe qui s'appelle Forest, mais Forest c'est son nom de famille ...

Aubevoye 02/2016

Carnet retrouvé - Bourges, rue de la Thaumassière

croquis à l'encre - 06/09/2014

Il fait beau à Bourges cet après-midi. Je fais un croquis de la rue de la Thaumassière. Il y a des roses trémières devant les maisons. Tout est calme. On digère le gâteau du samedi midi derrière les fenêtres. Ambiance années 50.

Un jeune sportif avec tout un équipement photo dans un gros sac à dos s'arrête derrière moi. Lui aussi veut la rue de la Thaumassière; un peu plus même, car je serai sur ses premiers plans.

Tchac! Tchac! Thac! Tchac! Thac! Tchac! Le type déclenche dans mon dos, fougueux et vorace. Je pense à un guérillero qui  vide son chargeur.

Le côté prédateur-chasseur-collectionneur de certains photographes suréquipés. 

Aubevoye - 2016

Jan 27, 2016

Lire

Phrase notée - Marianne Alphant - Relire (5/5) Hors champ 

Jan 15, 2016

Ecrire chez soi

Tourville la rivière - 01/2016

Il peut arriver qu'on se sente plus chez soi devant son carnet et son stylo à la terrasse d'un café que dans son propre chez soi. Il y a un chez soi pour la vie de tous les jours et il y a un chez soi pour écrire. C'est peut-être le propre des écrivains professionnels de réunir en un même lieu ces deux chez soi, mais Romain qui n'était, lui, qu'un petit écrivailleur du dimanche, ne rassemblerait peut-être jamais lieux de vie et de lieux de création littéraire.

Le chez soi pour écrire, c'était pour Romain l'univers minimaliste du carnet Moleskine ouvert sur la table lisse d'une brasserie, un bon stylo (un Pilot B2P, noir pointe 0,7mm, ou un Ball Pentel ; tout récemment, un élégant petit stylo Muji), le demi de bière et le ticket de caisse ('Les Camélias' – 3,90€ - Service: Joachim – Merci à bientôt). C'était pas grand chose en soi, mais c'était tout ce qu'il fallait pour faire venir la bulle de silence de l'écriture dans le brouhaha de la brasserie ; la bulle de silence où les bruits de la salle venaient s'amortir contre ses idées. Parfois, les parois de cette bulle, comme un filtre à café, condensait l'arôme d'une bribe de conversation, intensifiait le timbre d'une fourchette contre une assiette, relevait la saveur de l'attitude d'un type accoudé contre le comptoir. Ces reliefs dans le fond sonore ambiant étaient nécessaires à la concentration tranquille de Romain.

A l'extérieur de la bulle en cette fin d'après-midi : un couple qui papotaient (vu les sacs, ils avaient fait les soldes), trois copines mortes de rire, un type seul qui étudiait Tiercé-magazine et les serveurs qui s'affairaient : mots brefs échangés dans des entrechoquements de soucoupes à café qu'on envoyait à la plonge, bonjour fanfaron (mais légèrement servile) à l'adresse d'un client bien connu qui venait d'entrer et s’avançait vers le comptoir, promesse à tenir avec la dame du fond qui demandait l'addition. Romain se sentait dans la brasserie en paix pour travailler, exactement comme il se sentait en paix pour écrire, en extérieur, adossé à son tilleul préféré, dans un petit coin de campagne où il allait souvent marcher et prendre l'air du temps.

Il finit sa Grimbergen et rangea le stylo et le carnet dans son sac. Il se demanda pourquoi le tilleul et la brasserie, lieux si différents en soi, étaient-ils également propices à l'écriture ? 

Romain n'avait pas de réponse à cette question.

Aubevoye - 01/2016

Jan 3, 2016

Le secret de la Judith et Holopherne par Caravaggio?

Caravaggio - Judith décapitant Holopherne - vers 1598 - Roma Palazzo Barberini
Quand les gardes l'eurent entendue et qu'ils eurent considéré son visage, extraordinaire de beautée, ils lui dirent:
- Tu seras sauve si tu te hâtes de descendre vers notre maître. Va vers sa tente. Quelques-uns parmi nous vont t'escorter et te remettre à lui (...)

Le quatrième jour, Holopherne fit un festin auquel il n'invita aucun de ses fonctionnaires, mais uniquement ses serviteurs.

Il dit a Bagoas, l'eunuque qui gouvernait sa maison:
- Tâche de convaincre cette femme des Hébreux qui est chez moi de se joindre à nous pour manger et boire (...)

Alors Bagoas alla trouver Judith.
- Viens chez mon seigneur, belle servante, lui dit-il, et il t'honnorera, et vous boirez ensemble du vin dans la joie. Tu seras tout à fait comme une Assyrienne dans la maison du roi Nabuchodonosor. (...)

Judith entra, s'étendit à terre. Dès qu'il la vit, Holopherne fut transporté, tout son être secoué; car il désirait Judith, ardemment. Et, depuis le jour où il avait posé les yeux sur elle, il cherchait à la séduire.(...)

Le soir venu, les serviteurs s'empressèrent de prendre congé. Bagoas ferma le tente de l'extérieur, éloigna de son seigneur ceux qui se tenaient encore là, et tous partirent se coucher, fatigués par les excès de boisson.

Judith demeura seule dans la tente. Holopherne était affalé sur sa couche, le vin répandu autour de lui (...)

Ancien Testament - JUDITH 11, 16 - 13, 3 (Editions Bayard)

Carbet de voyage au Palazzio Barberini - Roma - 07/2014

Palazzo Barbérini, je suis assis devant l'oeuvre. La peinture se lève devant moi comme le dirait Daniel Arasse. Je suis un peu gêné par la tête d'Holopherne et les jets de sang. Je trouve que Caravaggio à traité cette partie du tableau avec un peu d'outrance. Les jets de sang sont peints à grands traits.

La vieille, elle, est parfaite! Vacharde à souhait! Pas de sentiment! Elle attend, le sac devant recevoir la tête dans ses mains.

En arrière-plan, le drapé rouge et sensuel de l'alcôve. Je pose mon regard sur Judith. Ai-je découvert un secret?

Le front de Judith est plissé, ses sourcils froncés. Je crois lire dans ses yeux la confusion des sentiments, comme un secret déchirement. Il y a dans le regard de Judith du dégoût et de l'horreur pour ce meurtre, comme si une part d'elle-même réprouvait cet acte. Il ne peut s'agir d'une évocation de l'horreur que Caravaggio aurait ressenti lui-même suite au meurtre qu'il commit lors d'une rixe, puisque cet événement est postérieur au tableau (28 mai 1606). Alors, quoi?

La Judith de Caravaggio (détail) 

Les bouts des seins de Judith pointent encore sous son corsage. Caravaggio a donné une chaude coloration ocre pour chaque sein dans les blancs de la fine chemise (cette coloration ne se voit presque pas sur les photos du web). Oui! Oui! J'en suis sûr, une part d'elle-même se cabre contre ce geste meurtrier, une part désirante par-delà Bien et Mal. Que s'est-il passé cette nuit là sous la tente?

La Judith de Caravaggio a désiré Holopherne avant de le tuer, et je ne peux m'empêcher de penser à cette autre rencontre, celle de Salammbô avec Mathô, sous la tente de Mâtho:

(...) elle aperçut la figure de Mâtho se courbant sur sa poitrine.

- "Moloch, tu me brules!" et les baisers du soldat, plus dévorateurs que les flammes, la parcouraient; elle était comme enlevée par un ouragan, prise dans la force du soleil.


Salammbô - Flaubert


Peut-être faut-il encore une fois placer l'oeuvre de Caravaggio en regard d'autres œuvres contemporaines sur le même thème pour apprécier toute l'ambigüité de la peinture du maître. On peut la comparer, par exemple, à la Judith et Holopherne de Artémisia Gentileschi, une peintre de l'école Caravagesque. La scène peinte une vingtaine d'années plus tard, est ici sans ambiguïté à mon avis. Judith fait le job sans scrupule. La nuit fut pour elle sans l'ombre d'un désir.

 Artémisia Gentileschi  - Judith et Holopherne - 1620 - Florence

Napoli

Napoli - 07/2014
Dès le matin, le quartier Mercato s'agite. Des petits camions poubelle se faufilent entre les voitures en stationnement et régurgitent les containers sur le pavé de la rue dans un bruit de coup de feu. Si on ne sait pas, on s'imagine des règlements de compte entre bandes rivales tous les matins à 8h00. Après, quand on sait, on n'y fait plus attention ...

Sur le trottoir devant sa boutique de fringues, un type repeint un mannequin avec une bombe de peinture blanche. Il risque d'envoyer de la peinture vers la route? Non! il y a une voiture en stationnement juste devant...

Le poissonnier propose de l'espadon ce matin. La tête est tranchée et posée dans de la glace pilée, rostre en l'air, sur une table sortie devant le magasin et sous un parasol. Il fait beau, pas encore trop chaud. La rue est belle ce matin. Le corps du poisson est face à la rue. On voit de belles darnes. A côté, un enfant trempe ses bras et joue dans un baquet de coques à nettoyer. La poissonnerie est fermée l'après-midi (sieste? pêche? négoce sur le port?).

En face du poissonnier, le patron du primeur épluche et prépare des salades avec son commis sur un carton posé sur une poubelle. Il s'est ménagé un plan de travail bien à hauteur devant l'étale des fruits et légumes.

Le réparateur de scooters devant notre hôtel fait monter en régime un moteur. Un mécano crie des consignes dans les pétarades. Ça sent les gaz d'échappement et l'essence.

Le tailleur de costumes a levé son rideau métallique. Sa boutique n'est qu'un immense rayonnage de roules de tissus chics, des gris et des noirs essentiellement. Il attend.

Une fratrie passe à contre-sens sur un même scooter. Les poubelles se remplissent déjà.

Plus loin, la Deutsch Bank, enclave d'ordre et de rigueur dans ce grand bordel généralisé, on sait déjà que la greffe ne prendra pas !
Napoli - 07/2014

Circuler en voiture à Napoli (2/2)

Napoli - 07/2014


Scooters et voitures surgissent en tout sens dans le champ visuel.
 
C'est un scooter chevauché par deux femmes avec un bébé de 10 mois au milieu, sans casques (mais où voulez-vous trouver un casque de moto pour un bébé de 10 mois?).
 
C'est une auto qui fait demi-tour à contre-courant.
 
Un scooter à contre-sens.
 
Un scooter garé sur la voie de droite. Ca fait passer le flot des voitures de 3 à 2 voies. Le type est allé faire les Saldi -70% avec sa copine dans le magasin en face. Des voitures viennent stationner devant et derrière le scooter. C'est de la chimie! Ça précipite! C'est en direct-live le développement de la cristallisation des voitures en stationnement sur la chaussée.

C'est aussi le feu qui passe au vert pour vous. Vous vous étiez lancé fissa avec la meute des Piaggio et bingo! vous tombez sur une petite voiture en travers du carrefour qui fini de le traverser. Bon sang, il va falloir piler sec pour ne pas emboutir ce traînard!

Les Carabinieri et la police municipale font un coup d'éclats. Leurs voitures bleu pale bloquent une portion de trottoir. Ils verbalisent et chargent un vingtaine de scooters sur le plateau d'un camion fourrière. Pourquoi ceux-là plutôt que les dizaine d'autres alentours? Pas de réponse

Globalement, les gens sont calmes et ne klaxonnent pas trop, si l'on pense à toutes les manœuvres périlleuses que l’on tentent sur la route. C'est le Easy-going italien. Ça se débrouille sans trop de règles prédéfinies. Montrez que vous ne vous arrêterez pas, et on vous cédera le passage: les Napolitains sont indisciplinés au volant, mais fins psychologues.

J'ai l'impression d'écrire une chronique pour un magazine de Geeks:

«Conduire à Napoli est un bon jeu de Play Station, et de gros efforts ont été faits pour offrir des scénarii variés chaque jour. Le jeu offre une bonne jouabilité, il n'est jamais monotone!»
Napoli - 07/2014

Circuler en voiture à Napoli (1/2)

Napoli - 07/2014
Circuler en voiture à Napoli (1/2)
Au feu, un jeune africain porte une pile de packs de paquets de mouchoirs, aussi longue que la longueur de son bras, entassés de ses aisselles à la pointe de ses doigts. Il passe rapidement entre les voitures et projette un pack sur chaque pares-brise. Le geste est précis et faussement désinvolte, une jonglerie qui fait glisser le pack sur chaque voiture sur le bord gauche de l'essuie-glace côté conducteur, exactement.

On dit «No! No!» qu'on n’en veut pas! Bernique! le type est déjà sur les autos de derrière... Mais qu'est-ce qu'on va faire de ce pack de mouchoirs sur l'essuie-glace quand le feu passera au vert ? Rien, mon pote! Le type revient les reprendre avant que le feu ne change et les rempile sous son bras, agile et souple, tel un barman à la fermeture du pub qui rapporte ses pintes vides sous le bras ...

Personne n'achète de mouchoir. A chaque feu rouge, dépile. Avant chaque feu vert, rempile. A chaque feu rouge ... tel Sisyphe.
Napoli - 07/2014

Oct 23, 2015

En mode 'voyage'




Les ressorts, le moteur, le radiateur, le ventilateur et le carburateur. Tout ça lâche bout à bout sans que personne ne soit jamais fichu de dire à cause de quoi. Et à côté de ça, tu prends une autre voiture dans la chaine et tu pourras jurer qu'elle est exactement pareille aux autres, eh ben, pas du tout. Elle a quelque chose que les autres n'ont pas. Elle a plus de compression. Presque comme un type qu'en a dans le ventre. T'auras beau faire, elle ne te lâchera jamais.
- J'en ai eu une comme ça, dit Boutonneux. Un modèle A. Je l'ai vendue. Mais elle roule toujours. Je l'ai eu trois ans et elle ne m'a pas coûté un sou. Increvable, qu'elle est.
Juan déposa la couronne et le pignon sur le marchepied et ramassa le vieux pignon à terre. Du doigt, il tâta la brèche mordante laissée par la dent cassée.
- C'est un drôle de truc, l'acier, dit-il. Des fois, on a l'impression qu'il se fatigue. Tu sais, là-bas d'où je viens, au Mexique, les bouchers ont toujours deux ou trois couteaux. Ils se servent d'un et plantent les autres dans la terre. "Ça repose la lame", qu'ils disent. Je ne sais pas si c'est la vérité, mais tout ce que je sais, c'est que quand on les sort, elles sont tout affûtées. J'ai idée que personne n'y connaît rien à l'acier.

John Steinbeck - Les naufragés de l'autocar 
Trad. Renée Vanasseur et Marcel Duhamel - Gallimard

Sep 3, 2015

Degas un homme

Croquis à la National Gallery - 07/2015

National Gallery

J'aimerais tant prendre une photo du gardien de la salle
Le type est impressionnant, d'ailleurs il m'impressionne
On dirait Poséidon
En costume noir

Je suis cool dans ce musée
J'vais pas prendre de risques
Pas envie de me faire engueuler en British
Mais trop envie de la prendre cette photo

Je suis devant un Degas, assis sur une banquette
Face à Poséidon
Il est de profil par rapport à moi
Je m'occupe en prenant un croquis du Degas
J'attends le bon moment
Prédation

Assis derrière moi, sur la banquette
Un jeune type et une jeune fille discutent en Français
Avec ferveur
Domination du monde occidental sur le Quart Monde
Domination de l'Homme sur la Femme
Ravage de l'ère post-coloniale
Perte de repères de nos sociétés modernes
Tout y passe

...
Qu'est-ce qu'ils font ch... !
....
Et puis je me demande
...
Ils ne seraient pas en train de se draguer
Ces deux là
Sans le savoir ?
Ils ne seraient pas en train de commencer une histoire
Sans vraiment le comprendre encore?


Je les trouve mignons finalement
Clic
J'ai eu  Poséidon
J'me casse
Et laisse les deux amoureux


National Gallery - 07/2015
Aubevoye 09/2015



Aug 23, 2015

Psy


Niels Bohr lecturing in Copenhagen, 1947. Source: The Niels Bohr Archive.

Tous, ils ont cherché le Monde à leurs façons. 

Certains avec les mots, d'autres en se taisant.

Certains avec des équations à la limite, d'autres dans un trait de calame à l'encre noire sur le papier. 

Avec une Parole, avec le geste, la danse

Le regard de l'autre.

Le Monde entier dans une retraite entre des murs baignés de silence.

Le Monde entier dans la lumière violette de l'orage qui menace. Dans l'odeur âcre de silex sur le versant d'une combe avant que frappe la foudre. 

Le monde entier dans un rire clair

Tous, ils ont cherché le Monde à leurs façons. Voyage. Seuls devant une aurore. Seuls dans la foule. 

Seul dans une chambre vide. Vide de sens

Philosophies. Livres cornés. Poèmes. Polycopiés froissés, annotés. Corps. Carnet. Croquis. 

Cri de douleur ou paix intérieure.

La faim tenace de rencontrer le Monde avant d'y retourner
Aubevoye - 08/2015



Je me tais
Je cherche la compagnie de ceux qui doutent et qui cherchent

Croquis d'atelier - 2015