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Jan 2, 2017

Pensée intégrante

Gravure - T. - non datée


Le rapprochement d'un mythe avec certains évènements de notre vie donne parfois une exposition, une compréhension, un sens à ces mêmes évènements, là où la pensée analytique s'étouffait dans l'apparente confusion des faits.

Car le mythe offre une interprétation globale, multiforme et intégrante d'une situation complexe, comme ces gravure sur bois des Expressionnistes allemands où, bien avant d'y voir un paysage champêtre au creux d'un vallon, on y lit d'abord une composition de noirs et de blancs, de rythmes et de valeurs, une surface ondoyante d'effets plastiques sur tout le format de l’œuvre, une expression en mouvement dans un effet de saisissement globale de notre sensibilité.

Avec le mythe, comme avec ces gravures, la complexité du propos est saisie d'un seul geste. Notre pensée s'y met en mouvement et y trouve une légèreté, une profondeur, un poids et une acuité de vue que la seule pensée analytique semblait ne pas pouvoir atteindre.

Le mythe est comme une symphonie où l'on ne saurait saisir la partition d'un instrument particulier et pour lequel d'ailleurs, cette tentative n'aurait pas de sens, puisqu'elle ferait alors s'évanouir le propos même de l'œuvre toute entière. 

Le mythe ne se démonte pas en pièces détachées. Il ne nous saisit que dans la globalité de la richesse de ses significations. Le mythe est une histoire fulgurante, une gerbe d'étincelles de sens qui allume le corps et l'esprit d'un coup, jusqu'aux tréfonds de notre être

Le mythe, la gravure, mais idem la composition de traits d'un dessin, la symphonie, le paysage, la place de tel village, ce visage heureux qui me regarde, parlent et livrent un sens, une exposition, parfois même une clé et une évidence pour la conduite de notre vie.  

Vernon - 01/2017

Nov 13, 2016

Intérieur-nuit

ZX entre Vernon et Val de Reuil - 11/2016

Le soir inonde la campagne
Comme une eau noire
L'intro de Start-Me-Up sur l'autoradio 
Romain bat la mesure sur le volant
 La voiture file dans la nuit
Euphorie
Vernon - 11/2016

Aug 6, 2016

Attitude

08/2016 - Blés de Villers-sur-Le-Roule

Jul 10, 2016

Jul 3, 2016

The Magnificent seven

Route les Andelys- Gournay en Bray - 05/2016

https://www.youtube.com/watch?v=GcHL8efKKPE

Mar 31, 2016

Telecaster rouge passé

JJ Cale - Oklahoma

Adriano s'est assis sous le porche et Luis lui a tendu la guitare. Il l'a saisie par le manche avec l'autorité d'un vieux dresseur de lions. C'était une vielle Telecaster solid body rouge vermillon passé qui tirait maintenant sur le orange, avec l'extrémité du manche qui avait du être jaune citron à une époque, là où il avait les mécaniques. Le chevalet sur le corps était un peu piqué de rouille ou crasseux, difficile de savoir; Romain trouvait l'instrument vraiment cool! Devant le porche, à cette heure la rue était encore écrasée de chaleur.

Adriano a branchée la guitare sur le petit Marshall à pile, et il a joué. Oh! mon dieu. Jamais Romain n'aurait pu imaginer qu'il sorte autant de chose d'un seul instrument! Le son venait comme de partout. La main droite tenait un putain de rythme ramassé et rugueux à la fois, tandis que les doigts de la main gauche glissaient sur la manche nonchalamment, presque comme en retard, et puis arrivaient pile-poil au bon moment pour un bend ou un hammer du feu de dieu. C'était trop cool! Il y avait tout, le rythme, la ligne de basse, les petits licks acidulés glissés entre les accords. Ce type faisait sortir à cette vieille gratte ce qu'elle pouvait donner de mieux, et ce quelle donnait entre ses doigts était vraiment bien!

Adriano avec les guitares, c'était un peu comme cet ancien officier allemand alcoolique du haras de São Gaucho de la ville d'à côté, avec les vielles rosses abruties de chaleur qu'on louait aux touristes pour les balades à cheval pépères. Dés que l'Allemand montait un de ces canassons, la bête se transformait, se resserrait sur elle-même, se compactait; On aurait dit que le cheval faisait quarante centimètre de moins en longueur, dix ans d'age de gagné. C'est sûrement pas comme ça qu'il faut le dire, mais c'est vraiment l'impression que ça faisait. Ce mec maigrichon qui ne payait pas de mine à terre avec son cigarillo au coin de la bouche, ses yeux bleus acier rincés à la Tequila et son vieux pantalon des Afrika-Korps, redonnait de l'allure, de la fierté, du panache à n'importe quel tocard à crinière qu'il montait, comme ça, sans cravache, sans coup de talon, sans rien dire, en maître simplement; le cheval le sentait.

Adriano, lui, faisait sonner les guitares comme personne, et cet après-midi, tous avaient senti que c'était lui qui était le maître de la musique sous le porche. Les mômes s'étaient rassemblés au son de la vieille Fender. Une fillette écoutait le visage immobile et grave, et bougeait son bassin sur la musique, comme hypnotisée. Un p'tit gars s'était planté debout en face de la guitare et balançait sa tête en rythme. Adriano souriait. Le p'tit gars était tout à sa danse.

Au refrain, Luis repris la percussion sur son cajon qu'il serrait entre ses jambes (Romain repensait à l'ancien officier allemand à cheval). C'était pas compliqué comme musique. C'était de la musique pour après le boulot, de la musique du soir avant de se coucher. Il n'y avait rien à faire que de la laisser s'installer dans vos reins et bouger, bouger dans la chaleur de cet fin d'après-midi. 

Aubevoye 03/2016

Feb 11, 2016

Riders On the Storm

Descente de Villers-sur -le Roule - 02/2016

https://www.youtube.com/watch?v=DED812HKWyM

Jan 23, 2016

Grain de beauté

Encre et pastels secs - 11/2015

Moi qui avais admiré Saint-Loup quand il avait appelé tout naturellement le petit chemin de fer d’intérêt local le tortillard, à cause des innombrables détours qu’il faisait, j’étais intimidé par la facilité avec laquelle Albertine disait le « tram », le «tacot ». Je sentais sa maîtrise dans un mode de désignations où j’avais peur qu’elle ne constatât et ne méprisât mon infériorité. Encore la richesse de synonymes que possédait la petite bande pour désigner ce chemin de fer ne m’était-elle pas encore révélée. En parlant, Albertine gardait la tête immobile, les narines serrées, ne faisait remuer que le bout des lèvres. Il en résultait ainsi un son traînard et nasal dans la composition duquel entraient peut-être des hérédités provinciales, une affectation juvénile de flegme britannique, les leçons d’une institutrice étrangère et une hypertrophie congestive de la muqueuse du nez. Cette émission, qui cédait bien vite du reste quand elle connaissait plus les gens et redevenait naturellement enfantine, aurait pu passer pour désagréable. Mais elle était particulière et m’enchantait. Chaque fois que j’étais quelques jours sans la rencontrer, je m’exaltais en me répétant : « On ne vous voit jamais au golf », avec le ton nasal sur lequel elle l’avait dit, toute droite, sans bouger la tête. Et je pensais alors qu’il n’existait pas de personne plus désirable.

Nous formions ce matin-là un de ces couples qui piquent çà et là la digue de leur conjonction, de leur arrêt, juste le temps d’échanger quelques paroles avant de se désunir pour reprendre séparément chacun sa promenade divergente. Je profitai de cette immobilité pour regarder et savoir définitivement où était situé le grain de beauté. Or, comme une phrase de Vinteuil qui m’avait enchanté dans la Sonate et que ma mémoire faisait errer de l’andante au finale jusqu’au jour où, ayant la partition en main, je pus la trouver et l’immobiliser dans mon souvenir à sa place, dans le scherzo, de même le grain de beauté que je m’étais rappelé tantôt sur la joue, tantôt sur le menton, s’arrêta à jamais sur la lèvre supérieure au-dessous du nez. C’est ainsi encore que nous rencontrons avec étonnement des vers que nous savons par cœur, dans une pièce où nous ne soupçonnions pas qu’ils se trouvassent. 


A l'ombre des jeunes filles en fleurs - M. Proust

Une des inspirations possibles de Proust pour la sonate de Vinteuil:
Gabriel Fauré, ballade for piano et orchestre op. 19
https://www.youtube.com/watch?v=5gN0DazZFGo

Jan 9, 2016

Pamela

Entrée d'Heudebouville - 8h43 - 06/01/2016

Pamela

- Tu m'as dit : l'amour permet d'être soi-même. Tu dis que tu espères qu'on se souviendra de toi comme poête. Moi, je t'aime et je veux que tu sois celui que tu as toujours été.

Jim Morrison - Indoors/Outdoors climat 5 - Christine Spianti

Jan 7, 2016

DJ Shadow ENDTRODUCING ....

Copyright B PLUS

Other side (cat)

Jan 6, 2016

Alcool fort

Entrée d'Heudebouville - 8h43 - 06/01/2016

Sur sa radio ce matin là, le podcast Jim Morrison Indoors/Outdoors climat 2 de Christine Spianti

Le ronron du vieux diesel. L'air chaud de l'aérateur sur sa main posée sur le volant. Le pommeau de levier de vitesse cassé qui lui grattouille l'intérieur de la paume

Et la voix de Jim comme un alcool fort qui monte à la tête. Chaman. Transport. Les frissons qui courent sous la peau.

Connexion, pensées, partage

Eternité 
Aubevoye - 01/2016

Dec 14, 2015

Night Call

12/2015
 
I'm giving you a night call to tell you how I feel
I want to drive you through the night, down the hills
I'm gonna tell you something you don't want to hear
I'm gonna show you where it's dark, but have no fear
 

Night Call - Kavinsky - 2010 
 

Nov 28, 2015

Call Me

Encre et pastels - 11/2015


Call me my life
Call me call me any anytime
 
Blondie - Call me


 

Nov 9, 2015

Storyboard : Forever Young

Lavis, encre et pastel - 11/2015

 Some are like water, some are like the heat
Some are a melody and some are the beat
Sooner or later they all will be gone
Why don't they stay young?

Forever young, I want to be, forever young 
Do You really want to live forever
Forever and ever?

Alphaville - Album Forever Young - WEA Label - 1984

Sep 28, 2014

Parce que tu es sacré




Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile
N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie
Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être
Blizzard - Fauve

Apr 15, 2014

La Maison Bleue


D'après San-Francisco - Maxime le Forestier

Feb 15, 2014

London Calling



(...)
The ice age is coming, the sun's zooming in
Meltdown expected, the wheat is growing thin
Engines stop running, but I have no fear
'Cause London is drowning, and I live by the river
(...)

London Calling _The Clash

Dec 23, 2013

A roving young fellow


Oh my name is Jock Stewart, I'm a canny gun man
And a roving young fellow I've been
So be easy and free when you're drinking with me
I'm a man you don't meet every day

The Pogues - I'm A Man You Don't Meet Everyday lyrics © DOWNTOWN MUSIC PUBLISHING LLC