Dec 23, 2015

Madeleine de Proust


Bourges 12/2015
Bourges m’accueille dans la chaleur lourde et enveloppante des temps orageux berrichons de fin d'été. Je connais bien cette sensation d’air immobile! Ce n’est pas n’importe quel air lourd, c’est l’air-orageux-de-Bourges-à-la-fin-de-l’été-de-mon-enfance. Des fragrances qu’on ne recompose qu’avec de l’asphalte de Bourges, des pierres de murs de Bourges, des arbres de Bourges, et l'humidité épaisse des marais de Bourges. Ce parfum si particulier réveille dans le fond de ma tête des vieux repères ! C'est l'odeur de septembre et des rentrées des classes. Des parfums de couvre-cahiers neufs aux vagues relents de dissolvant me reviennent.
Je vais faire une course à la petite épicerie arabe du coin. La boutique n'existait pas quand nous étions petits. Elle est étroite, bien rangée, profonde et fraîche. J’achète une Heineken en bouteille d’un litre. J’ai soif et j'ai aussi envie d'alcool. Le patron m’encaisse et me rend la monnaie tout en téléphonant. Il fait toujours ça ! J'ai remarqué ça, mais il le fait plutôt bien, et ça ne fait jamais impoli car il garde un regard attentif sur son client! En repartant vers la maison, je croise sur le trottoir des mamans et des enfants. Les rires et les grandes discussions des écoliers me sortent de ma torpeur. Je réalise que nous sommes vendredi. Il est 16h35, c’est la sortie de l’école, de mon école.
Bourges 09/2014
Bourges - rue des Pervenches - retour de la boulangerie 9h15 12/2015

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