Bourges 12/2015
Bourges
m’accueille dans la chaleur lourde et enveloppante des temps
orageux berrichons de fin d'été. Je connais bien cette sensation
d’air immobile! Ce n’est pas n’importe quel air lourd, c’est
l’air-orageux-de-Bourges-à-la-fin-de-l’été-de-mon-enfance.
Des fragrances qu’on ne recompose qu’avec de l’asphalte de
Bourges, des pierres de murs de Bourges, des arbres de Bourges, et
l'humidité épaisse des marais de Bourges. Ce parfum si particulier
réveille dans le fond de ma tête des vieux repères ! C'est
l'odeur de septembre et des rentrées des classes. Des parfums de
couvre-cahiers neufs aux vagues relents de dissolvant me reviennent.
Je vais
faire une course à la petite épicerie arabe du coin. La boutique
n'existait pas quand nous étions petits. Elle est étroite, bien
rangée, profonde et fraîche. J’achète une Heineken en bouteille
d’un litre. J’ai soif et j'ai aussi envie d'alcool. Le patron
m’encaisse et me rend la monnaie tout en téléphonant. Il fait
toujours ça ! J'ai remarqué ça, mais il le fait plutôt bien,
et ça ne fait jamais impoli car il garde un regard attentif sur
son client! En repartant vers la maison, je croise sur le trottoir
des mamans et des enfants. Les rires et les grandes discussions des
écoliers me sortent de ma torpeur. Je réalise que nous sommes
vendredi. Il est 16h35, c’est la sortie de l’école, de mon
école.
Bourges 09/2014
Bourges - rue des Pervenches - retour de la boulangerie 9h15 12/2015


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