Gaillon - 02/2016
Je me rappelle l'époque où nous regardions les rushes des effets spéciaux, en août ou en septembre de l'année précédente. Cela prenait des heures à visionner et c'était fastidieux. Après la séance, le projectionniste m'a pris à part et m'a demandé si cela pourrait aider de passer de vieux disques - jazz, musique classique, airs populaires - qu'il avait dans sa cabine. J'en ai parlé à Stanley et le lendemain, nous avons visionné les rushes en écoutant de la musique. Soudain, alors que nous regardions le grande roue tourner dans le ciel, nous avons entendu Le Beau Danube Bleu. lorsque les lumières se sont allumées, Stanley s'est retourné avec une lueur dans le regard, comme un petit garçon, une étincelle contagieuse, et il nous a dit : "Pensez-vous que si j'utilisais ce morceau dans le film, ça fonctionnerait? Je me le demande" Et bien sûr, il s'en est servi. Par ailleurs Time-Life avait programmé une série documentaire en noir et blanc sur la Première Guerre mondiale et ils avaient utilisé Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss pour le générique. Stanley l'a vu le soir et a été transporté par l'idée que cela avait un rapport avec Nietzsche, dont la pensée avait un lien avec le film. C'était une pure coïncidence car, au départ, il avait pensé se servir de la Troisième Symphonie de Mahler pour la fin de 2001.
Kubrick de Michel Ciment - nouveau témoignage : Andrew Birkin (assistant)

No comments:
Post a Comment