Quand elles furent arrivées au beau cours du fleuve, elles trouvèrent les lavoirs, pleins toute l'année, où montait une belle eau assez abondante pour nettoyer le linge le plus sale. Dételant les mules du chariot, elles les poussèrent le long du fleuve agité de remous pour brouter le chiendent doux comme miel. Elles ôtèrent à brassées le linge du chariot, le portèrent dans l'eau sombre, et, se hâtant à l'envie, le foulèrent dans les trous. Quand elles l'eurent lavé, faisant disparaître toutes les taches, elles l'étendirent sur une ligne le long du rivage de la mer, là où le flot, battant la grève, nettoyait le mieux les galets. Et puis, après s'être baignées et frottées d'huile fluide, elles prirent leur repas près de la berge attendant que le soleil séchât les vêtements de ses rayons.
Homère - L'Odyssée - chant VI (GF Flammarion - trad. Médéric Dufour)

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